« Est-ce vrai qu'on peut faire payer 75 % d'un projet d'IA par le gouvernement? » La réponse exacte est : il n'existe pas de règle générale qui le garantit ni même qui plafonne tous les projets à 75 %. Ce chiffre provient de règles particulières, notamment le taux bonifié maximal de la MFOR sur certaines formations et le plafond de cumul de certains appels collaboratifs. Voici la bonne façon de calculer.

En bref : on sépare d'abord les honoraires du plan, les honoraires externes de mise en œuvre, les actifs, la formation et la R-D. On applique ensuite le taux, le plafond et la règle de cumul de chaque programme. Un prêt améliore la trésorerie, mais ne réduit pas le coût.

Pourquoi le taux global n'existe pas

Chaque programme finance une catégorie de dépenses précise, à son propre taux :

ProgrammeCe qu'il financeTauxPlafond
ESSOR, volet 1BDiagnostic et plan numérique (incluant l'IA)50 %20 000 $
ESSOR, volet 1CHonoraires externes de mise en œuvre d'un plan 1B récentmax. 50 %50 000 $
MFORFormation liée à une nouvelle technologiejusqu'à 75 %100 000 $ / entente en général
CRICR-D et précommercialisation (si incertitude réelle)30 % sur le 1er M$, 20 % au-delàremboursable
C3iCertains actifs informatiques, progiciels et équipements15 à 25 %seuils par bien
IRIAProjet d'IA transformateurmax. 50 %remboursable sans intérêt
BDC LIFTFinancement du projettaux préférentiel25 000 $ à 5 M$ annoncés

Ces catégories peuvent être distinctes, mais elles ne le sont pas automatiquement. Un coût capitalisé dans un progiciel, un honoraire externe, un salaire de R-D et une dépense de formation doivent être classés selon leur nature réelle. C'est cette classification qui détermine le programme, pas l'étiquette générale « projet d'IA ».

Les règles de cumul, en clair

Trois règles gouvernent le calcul :

  1. Une dépense, une classification. On ne réclame pas le même honoraire à ESSOR, au CRIC et au C3i sous trois noms différents.
  2. Une règle par programme. Dans ESSOR, les aides non remboursables comptent à 100 % et les aides remboursables à 50 %. Cette formule n'est pas automatiquement celle de la MFOR, du CRIC ou du C3i.
  3. Prêt et subvention restent différents. Une contribution remboursable ou un prêt finance le décaissement, mais le montant devra être remboursé et ne doit pas être soustrait du coût final.

Le traitement d'un prêt provenant d'une société d'État dépend du cadre applicable et de ses conditions. Pour LIFT comme pour l'IRIA, le bon réflexe est de déclarer le financement et d'obtenir une confirmation écrite de l'organisme qui calcule le cumul.

Un exemple chiffré

Prenons une PME qui a déjà un plan ESSOR 1B récent et qui engage deux catégories distinctes.

  • Honoraires externes admissibles de mise en œuvre : 100 000 $ → ESSOR 1C, maximum publié → − 50 000 $
  • Formation : 50 000 $ → MFOR, jusqu'à 75 % (nouvelle technologie) → − 37 500 $

Aide maximale modélisée : 87 500 $ sur 150 000 $ de dépenses saisies. Ce résultat suppose l'approbation des deux programmes à leur taux maximal. Il ne dit rien sur le logiciel, l'équipement, les dépenses internes ou les taxes, qui peuvent augmenter fortement le coût complet du projet.

Notre calculateur de subventions reproduit ce calcul par catégorie et affiche maintenant un maximum théorique, sans plafond universel de 75 %.

Les erreurs qui font tout dérailler

  • Engager une dépense avant le dépôt. ESSOR rend inadmissible toute dépense engagée avant la demande. Parlez-nous avant de signer avec un fournisseur.
  • Réclamer une « simple implantation » au CRIC. Le crédit reprend les critères de R-D de la RS&DE : une intégration complexe ne suffit pas à elle seule. Une réclamation mal fondée coûte cher en vérification.
  • Confondre prêt et subvention. LIFT améliore la trésorerie; il ne réduit pas le coût net comme une subvention. C'est un arbitrage de structure financière — exactement le genre de calcul qu'un CPA fait avec vous.

Le montage, c'est un livrable financier

Structurer correctement ESSOR, la MFOR, le CRIC, le C3i et les financements sur les bonnes dépenses n'est pas une formalité : c'est un modèle financier. Le livrable utile est un coût net chiffré, un calendrier de dépôt et une liste claire des validations requises avant chaque engagement. La première étape est un diagnostic qui établit ce plan.

Pour le détail de chaque programme, consultez notre panorama des subventions IA au Québec.

Sources officielles

Sources vérifiées le 12 juillet 2026. Chaque programme applique ses propres règles de cumul et d'admissibilité; une simulation ne remplace pas la décision de l'organisme responsable.